Les maisons multicolores s’échelonnent sur les flancs de colline qu’elles dégringolent jusqu’à la mer Cantabrique et, serrées les unes contre les autres, dominantes, presque étouffantes, dessinent une incroyable mosaïque orientée vers les nouveaux arrivants, écrasés par le tableau qui se présente à eux.

Les touristes entrent et sortent par grappe de dix ou vingt. En quelques années, le petit village de Cudillero est devenu une destination prisée. Une rumeur éternelle se dégage de son centre envahi et condamné à ne plus jamais connaître la tranquillité d’antan. Dans l’échelon le plus bas du village, celui qui jouxte la baie intime autour de laquelle s’érige le hameau, tous les bâtiments ou presque sont des restaurants ou des commerces ; leurs terrasses sont bondées.

Pour échapper à la sensation d’oppression, prendre de la hauteur s’avère idéal. Cudillero compte de nombreux miradores ; les chemins des contreforts occidentaux, désertés par les touristes oublieux, offrent en outre la réconfortante garantie de jouir d’un calme bienvenu.
Traverser le hameau d’ouest en est ne s’en révèle pas moins laborieux : la plupart des ruelles sont des escaliers ou des piétonniers exigus et pentus. Il faut descendre, monter, redescendre et remonter un incroyable labyrinthe en 3D aux nombreux tournants et culs-de-sac. À mi-chemin, sur le mirador del Pico, règne la terreur du village, une enfant de sept ou huit ans qui, bras croisés et jambes écartées, en bloque l’accès dans l’espoir d’obtenir un droit d’entrée d’un euro.

Plus on s’y promène, plus l’impression que renvoie Cudillero est celle d’une île. Cerné par la mer et les élévations montagneuses, le petit village côtier semble totalement coupé du monde. Pourtant, il se situe bien sur le continent.



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