Le tremblement de terre qui ruina Vera

C’était le mardi 9 novembre 1518. La nuit tombait sur la colline de l’Esprit saint où se dressaient Vera et son château fort. Les cent cinquante habitants venaient de rentrer chez eux. Au fur et à mesure que l’obscurité s’intensifiait, ils se glissaient les uns après les autres sous les couvertures de leurs couchettes et s’endormaient peu à peu.

Deux cents maisons s’échelonnaient sur les flancs de la cité, mais seules soixante étaient occupées — conséquence, primo, de l’interdiction faite aux maures d’y résider et, secundo, des attaques de pirates qui ravageaient presque quotidiennement ce coin du royaume.

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Escapade à Lanjarón

La route qui monte jusqu’à Lanjarón est sinueuse mais demeure suffisamment large pour réduire le danger qui guette les voitures à chaque virage. Est-ce parce que ce village des Alpujarras, juché à plus de six cents mètres d’altitude, mérite l’excellence ? Peut-être. Dès les premières maisons, on devine que la petite cité thermale, célèbre pour son eau dans toute l’Andalousie, a un cachet, une prestance. La notion du beau y est entretenue, développée. Dès l’entrée du village, à main droite, côté vallée, un parc dégringole les flancs de la montagne et mène aux ruines d’un vieux château dont on ne sait s’il fut construit par les maures ou les chrétiens. Le long de la route qui traverse le village, une chaussée plane qui jamais ne monte, ne descend ou ne tortille, fleurissent les hôtels, les commerces, les maisons. Dans le centre névralgique, près du rond-point, de nombreuses silhouettes font leurs achats, s’installent aux terrasses, taillent une bavette avec leurs voisins. Des marchands africains vendent baskets et casquettes sur le pavé, à proximité d’un jardin propre, taillé, ambitieux, où le bruit d’eau qui s’écoule invite les passants à flâner jusqu’à la piscine en plein air qui le jouxte.

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Il y a cinq cents ans, un séisme détruisait Almería

C’était le lundi 22 septembre 1522. La ville côtière d’Almería, dressée au cœur de montagnes sèches et sans végétation, s’éveillait doucement. Elle n’avait pas beaucoup changé depuis sa prise par les Rois Catholiques en 1489.

L’Alcazaba, l’immense forteresse qui veillait la cité depuis une colline haute de soixante-dix mètres et qu’un séisme avait partiellement détruite en 1487, avait vu sa troisième enceinte adaptée aux nécessités modernes de l’artillerie.

À l’intérieur des murs de la ville, les mosquées et autres ribats avaient peu à peu été réemployés à des fins civiles ou religieuses. C’est ainsi que la mosquée principale était devenue église de Santa María après la première révolte mauresque de 1490, puis cathédrale de l’Annonciation le 21 mai 1492.

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Flamenco à Cordoue

C’était un 22 mars en soirée. J’avais longuement tourné dans les ruelles de la vieille ville de Cordoue, celles-là mêmes qui encerclent la Mosquée-Cathédrale tel un labyrinthe insoluble. Comme souvent, j’avais du mal à me décider devant les cartes des restaurants. Une chose était sûre, j’avais envie de manger espagnol : si je me trouvais en terre ibère, ne devais-je pas en profiter pour goûter à la gastronomie locale ?

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