Ubrique ressemble à un drap blanc soutenu par les lignes de crête de trois ou quatre montagnes, telle une bâche étendue par les pompiers sous un immeuble en feu. Les petites maisons de chaume se collent les unes contre les autres, de façon désordonnée d’abord, à cause des obstacles naturels auxquels elles se marient, puis dans des blocs de plus en plus réfléchis, de plus en plus coordonnés, s’épanouissant dans cette vallée dessinée à leur mesure.
Le cadre environnant est grandiose et vert ; Ubrique, plutôt que de s’en inspirer, semble en avoir pâti, comme si grandir dans l’ombre de la richesse et de la majesté avait tempéré ses aspirations à un plus haut destin. La ville bimillénaire n’a jamais accouché d’un bâtiment ayant coûté sang et sueur à de nombreuses générations ; la modestie et le court terme sont ses credo.



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