Lorsque les Rois Catholiques Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon achevèrent leur entreprise de reconquête avec la prise de Grenade en 1492, ils dotèrent très vite le littoral du royaume grenadin d’un système de défense composé de châteaux et de tours de guet. La menace d’une contre-attaque mauresque et les incursions des pirates turcs et berbères en mer d’Alboran invitaient les nouvelles autorités à une vigilance accrue.
Le passage des ans, des souverains et des siècles vit ce système de défense se renforcer. En 1764, sous Charles III (1716-1788), fut adopté un règlement qui promouvait la construction de nouvelles fortifications défensives, conséquence des incessantes attaques pirates et des conflits qui opposaient l’Espagne à l’Angleterre.
La tour de Balerma n’attendit pas Charles III et son règlement de 1764 pour voir le jour. À la moitié du XVIIIe siècle, Jérôme Amici rapporta au roi Ferdinand VI (1713-1759) que la forteresse de Balerma (alors appelée Malerba) était en ruine et qu’il fallait la réédifier ; il fut décidé de la remplacer par une tour de guet pour un coût estimé à 5 200 réaux de billon et 28 maravédis — devis qui allait se révéler bien inférieur aux coûts réels de construction.
Les travaux débutèrent en 1752 sous la supervision de l’ingénieur d’origine flamande Thomas Warluzel d’Hostel. Érigée directement sur la plage de Balerma, de forme circulaire et d’aspect massif malgré sa taille modeste (20 varas, soit seize ou dix-sept mètres de hauteur), la tour avait pour particularité de ne pas avoir de porte d’entrée à hauteur de sol et de n’être accessible que par un escalier et un pont-levis situé à l’étage.
Aménagée pour héberger un caporal et deux soldats, elle était pourvue de deux canons. Si ses gardiens détectaient un possible danger à l’horizon, ils devaient aussitôt en avertir les soldats et autres vigiles postés aux alentours — de nuit par des jeux de lumière, de jour par des signaux de fumée.

En 1849, la tour de Balerma était tellement détériorée que ses gardiens ne pouvaient plus y loger et en étaient réduits à vivre dans des cabanes attenantes. Depuis lors, elle fut rénovée, voire remodelée, mais sa forme originale — conique jusqu’à mi-hauteur et circulaire par-dessus — demeure. Située sur la place principale du village, face à la Méditerranée, elle est gardée sur ses flancs par deux canons d’époque ayant appartenu à la frégate Sirena.
Par un décret du 22 avril 1949, elle fut déclarée Monument national et la loi de 1985 relative au patrimoine historique lui conféra le statut de bien d’intérêt culturel. Elle constitue à ce titre la petite attraction touristique du village.





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