La souris traversa la bouche d’aération et arriva dans une cave obscure et humide où de multiples étagères tapissaient les murs. Bingo ! C’était un vrai garde-manger. De multiples conserves, boîtes métalliques et bocaux de verre se dressaient sur les planches, bourrés de nourriture. Y avait-il dans cette salle au trésor des emballages en plastique ou en carton qu’elle pourrait grignoter et éventrer avant de s’attaquer à leur intérieur ? Elle chercha longuement, sans succès. Les propriétaires avaient bien protégé leurs vivres.
Toutefois, dans un recoin, elle repéra un bocal aux courbes rondes dont le couvercle avait été mal fermé. Il était à moitié rempli de biscuits. Comme attendu, il ne lui opposa aucune résistance. Elle plongea au cœur des pâtisseries et en dévora deux coup sur coup.
Rassasiée, elle songea à partir. Elle se dressa sur la pointe de ses pattes arrière et, appuyant ses deux pattes avant sur l’ouverture du bocal, elle bondit hors de celui-ci. Elle courut jusqu’à la bouche d’aération mais, avant de s’y engager, elle marqua un temps d’arrêt et jeta un regard en arrière. Les rues n’étaient pas sûres ces derniers temps. Une ribambelle de chats sauvages rendait la vie des petits rongeurs impossible. N’était-il pas plus prudent, à présent que la nuit était tombée, de la passer à l’abri ? Elle revint sur ses pas et s’établit à l’intérieur du bocal, grignotant au passage un troisième biscuit.
Le lendemain, elle entama la journée de la même façon qu’elle avait terminé la veille : en mangeant. Gourmande, elle se goinfra de quatre biscuits, mais quand vint l’heure de partir en promenade, une mauvaise surprise l’attendait : lorsqu’elle se mit debout, ses petites pattes avant n’atteignaient plus l’ouverture du bocal. Elle se précipita sur le rebord de verre, l’escalada, mais la gravité se rappela à elle et elle tomba. Elle répéta l’opération une fois, deux fois, trois fois puis, fatiguée de ces tentatives vouées à l’échec, elle se résolut à mourir d’indigestion.



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