Aux abords du parque El Palmeral, des gens flânaient, discutaient, attendaient. Les plus fervents catholiques s’étaient quant à eux rassemblés au cœur du parc, devant la Virgen de las Mercedes exposée, étalés sur une dizaine de rangs. Le soleil était de la partie et le curé criait des « ¡Viva! » repris en chœur par la foule.

Des chants liturgiques mirent fin à la cérémonie. Le cortège pouvait se mettre en branle. La Vierge sauta et le parterre applaudit.

Les tambours et les cuivres donnèrent le rythme de l’avancée. Dans la rue, les badauds accompagnaient l’autel et ses muscles anonymes, note après note, pas à pas. Lors d’une pause, des enfants soulevés par des bras jaillirent hors de la foule et déposèrent un bouquet aux pieds de la Vierge.

Tout le monde arriva à la plage et les cieux devinrent subitement noirs. Des bateaux de spectateurs flottaient sur la mer, guettant la Vierge. Des milliers de curieux, venus des villages des environs, s’étaient rassemblés le long du paseo marítimo et patientaient religieusement.

Les premières gerbes de feu fusèrent hors de terre. Parfois, certaines se dirigeaient vers les flots et, au contact de l’eau, se multipliaient en bouquets colorés qui faisaient pousser des exclamations ravies à la foule. Le spectacle était varié et enchantait les regards. Du moins dans un premier temps. Vint une seconde salve de tirs plus monotone, qui ne se distingua que par son vacarme et ses arabesques de fumée, poussées par le vent vers l’intérieur des terres.

Toutefois, au milieu de celle-ci, ainsi qu’à la fin, en guise de bouquet final, survint un phénomène inouï et chargé d’émotion, à vous donner la chair de poule. La colonne de fumée s’éclaira, crépita follement, traversée par des éclairs qui reliaient les nuages à la terre, qui les connectaient par l’entremise d’un feu sacré, comme si Dieu était présent et veillait sur la Vierge prête à prendre la mer.

Les muscles anonymes la conduisirent alors vers la barque qui l’emporterait pour sa promenade annuelle le long du rivage de Balerma.

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Citation

« Trente ans que je lis pour rien ! Des milliers d’heures, de mon enfance, de ma jeunesse et de mon âge adulte, passées à lire et à n’en retenir rien qu’un immense oubli. »

Patrick Süskind, Amnésie littéraire

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