Les Récits Exquis résultent d’une collaboration entre l’homme et l’intelligence artificielle. Chaque participant contribue à l’histoire tour à tour, entrelaçant les plumes humaine et artificielle pour créer une trame narrative originale et captivante. Pour une meilleure lisibilité, les paragraphes issus de l’auteur humain sont en noir, tandis que ceux générés par la machine sont en bleu.
Face au pendu de cent kilos, l’inspectrice Caroline Petit écoutait avec attention ce que lui expliquait le médecin légiste :
— Non, disait-il, il ne peut s’agir d’un suicide. Regardez les marques et les traces de sciure qui s’étalent le long de la corde : elles proviennent du frottement contre le madrier. Elles ne s’étendraient pas de là à là si cet homme s’était pendu. Elles prouvent au contraire que la corde a été progressivement hissée, lestée du corps. Il s’agit d’un meurtre, je vous le garantis. Qui était le mort ?
Un frisson glacé parcourut le dos de l’inspectrice. Un meurtre aussi sordide, dans ce village tranquille du fin fond de la campagne française ? Il lui fallait remonter le fil de la vie de la victime pour découvrir qui avait pu lui en vouloir à ce point.
Elle se tourna vers le maire, un homme aux traits burinés par les années et le travail de la terre :
— Qui était cet homme ? Que faisait-il ici ?
Le maire soupira, visiblement ébranlé par la tragédie :
— C’était un nouvel arrivant, un certain Antoine Dubois. Il s’était installé il y a quelques mois dans la vieille ferme abandonnée au bout du chemin. Il vivait reclus, ne parlait presque à personne. On disait qu’il écrivait un livre, mais personne ne l’avait jamais vu.
Un mystère planait sur cet homme solitaire. L’inspectrice Petit savait qu’elle tenait là le début d’une enquête complexe et périlleuse. Mais elle était déterminée à faire la lumière sur ce meurtre atroce et à rendre justice à la victime.
Aussi passa-t-elle les heures suivantes dans les commerces de la bourgade dans l’espoir que quelqu’un pût lui en apprendre plus sur Dubois et, qui sait, lui révéler la clé du mystère. Le boulanger lui affirma que, deux fois par semaine, l’écrivain venait lui acheter un pain, le visage stoïque, la bouche avare de conversation. La caissière du supermarché le reconnut sur la photographie qu’on lui présentait.
— Lui ? dit-elle. Oui, il faisait des courses de temps en temps, de la nourriture, des litres d’eau et beaucoup de café, mais nous n’avons jamais parlé ensemble.
Le libraire raconta que Dubois achetait régulièrement Le Monde Diplomatique et que, à l’occasion, il embarquait aussi un paquet de feuilles de papier blanc.
Face à ces informations qui n’en étaient pas vraiment, l’inspectrice Caroline Petit se décourageait tout doucement. Elle décida d’aller reprendre des forces dans l’unique brasserie du village, Le Pavillon d’Or.
Attablée devant un croque-monsieur, elle entendit que les deux hommes assis à la table à côté de la sienne parlaient du mort.
— S’attaquer à la disparition du petit Sébastien était risqué. Il le savait. Le père Colina voici dix ans, et à présent Dubois. Moi, je te le dis, il y a anguille sous roche.
Un frisson d’excitation parcourut Caroline Petit. La disparition de Sébastien Colina, un fait divers non résolu qui hantait la mémoire du village depuis dix ans, pouvait-elle avoir un lien avec le meurtre d’Antoine Dubois ? Elle se leva et s’approcha des deux hommes, affichant une nonchalance qu’elle n’avait pas.
— Excusez-moi, Messieurs, je n’ai pas pu m’empêcher d’entendre votre conversation. Pourriez-vous me dire en quoi le meurtre de M. Dubois et la disparition de Sébastien Colina sont liés ?
L’un des hommes, un vieux paysan au visage buriné par le soleil, la regarda avec méfiance.
— Et qui êtes-vous, pour poser des questions comme ça ? gronda-t-il.
Mais son compagnon, un homme plus jeune aux yeux perçants, prit la parole.
— Elle est la nouvelle inspectrice, du commissariat de Saint-Étienne. Et je crois qu’elle a raison de s’intéresser à cette histoire. Dubois fouillait dans le passé du village, il voulait écrire un livre sur la disparition de Sébastien. Il a peut-être découvert quelque chose qui lui a coûté la vie.
Le vieil homme secoua la tête, incrédule.
— Des bêtises ! Dubois était un solitaire, un toqué. Il n’avait rien à voir avec cette affaire.
Mais le doute s’était installé dans ses yeux. Caroline Petit savait qu’elle tenait une piste prometteuse. Elle remercia les deux hommes et quitta le bar, déterminée à découvrir la vérité sur les secrets enfouis dans le passé du village.
Elle se rendit dans la vieille ferme abandonnée qu’occupait Antoine Dubois et entreprit une fouille sommaire de l’endroit. Seul le strict nécessaire le meublait : un garde-manger, une table et deux chaises, une armoire où s’entassait un bric-à-brac monstre, un lit à la couverture défaite, une penderie où étaient suspendus quelques vêtements — triste présage de la fin qui attendait le pauvre homme.
Sur la table, la machine à écrire sur laquelle l’assassin avait rédigé la lettre d’adieu de Dubois (« Je n’en peux plus de cette vie de chien ») apprenait ce à quoi l’écrivain avait passé ses dernières semaines.
Pourtant, lors de la fouille, l’inspectrice Petit n’avait trouvé aucune trace d’un manuscrit. Seul un paquet de feuilles blanches et vierges à moitié consommé traînait par-dessus l’armoire — preuve, s’il en était besoin, que Dubois avait bel et bien utilisé sa machine à écrire récemment.
Cette disparition du manuscrit indiquait, à n’en pas douter, que quelqu’un avait voulu faire taire définitivement l’écrivain parce que celui-ci avait reniflé dans la bonne direction.
Caroline Petit accentua ses recherches. Elle examina la cheminée, qui n’avait plus fonctionné depuis des lustres, sonda le matelas, chercha après une latte sous laquelle des documents auraient pu être dissimulés.
Frustrée par l’absence de manuscrit, Caroline se pencha vers l’armoire et remarqua une petite anomalie : une planche du plancher, celle qui se trouvait juste devant le lit d’Antoine Dubois, semblait légèrement plus usée que les autres. Son instinct d’enquêtrice ne la trompait jamais.
Avec précaution, elle souleva la planche et découvrit une cavité cachée, dissimulée sous une fine couche de poussière. À l’intérieur, un vieux coffre en bois vermoulu reposait paisiblement. Caroline l’ouvrit délicatement, révélant un trésor inestimable : un manuscrit dactylographié sur du papier blanc immaculé, soigneusement rangé dans des chemises cartonnées.
Les doigts tremblants, elle prit une chemise et en sortit la première page. Les mots d’Antoine Dubois, tapés à la machine avec une précision chirurgicale, retraçaient l’histoire de Sébastien Colina, l’enfant disparu dix ans plus tôt. L’écrivain avait mené sa propre enquête, épluchant les archives locales. Il avait découvert des secrets inavouables, des mensonges, des trahisons. Il avait compris que la disparition de Sébastien était liée à un réseau de pédophilie impliquant des notables du village.
Le manuscrit se terminait sur une page où Dubois affirmait avoir trouvé l’identité des responsables. Mais le nom du chef du réseau n’y figurait pas. À la place, une série de points de suspension indiquait que Dubois avait prévu de les ajouter ultérieurement.
Caroline serra le manuscrit contre sa poitrine. Elle avait enfin la pièce manquante du puzzle. Le meurtre d’Antoine Dubois était lié à sa quête de vérité. L’assassin avait voulu le réduire au silence avant qu’il ne révèle son secret.
Mais Caroline était déterminée à faire justice. Elle se rendit chez le notaire du village, un homme respecté et influent. Elle lui montra le manuscrit et lui lut les passages accablants. Le notaire blêmit, ses yeux se remplissant de terreur. Il avoua son implication dans le réseau de pédophilie et le meurtre d’Antoine Dubois. Il avait paniqué lorsque Dubois avait découvert son secret et l’avait étranglé dans un accès de rage.
Le notaire fut arrêté et ses complices démasqués. Le village de Saint-Martin-de-Provence pouvait enfin faire son deuil de Sébastien Colina et tourner la page sur cette sombre histoire.
Caroline Petit quitta le village, le cœur lourd mais l’esprit apaisé. Elle savait qu’elle n’oublierait jamais cette enquête, celle qui l’avait confrontée aux pires recoins de l’âme humaine, mais aussi à la force du courage et de la vérité.
Rédigé conjointement avec Gemini


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