Dans son roman Une étude en rouge, publié en novembre 1887, Arthur Conan Doyle fit cohabiter Sherlock Holmes et son nouvel ami, le Dr Watson, au numéro 221B de Baker Street, une adresse qui allait se maintenir au cours des aventures suivantes du détective. Personne n’a jamais su si la lettre B adjointe au 221 faisait office de numéro bis ou si elle permettait de distinguer l’appartement loué par Holmes à Mme Hudson, au premier étage, des autres appartements du numéro 221.

Toujours est-il que, au dix-neuvième siècle, au moment de la rédaction des premières aventures du limier britannique, Baker Street ne comptait en tout et pour tout que quatre-vingt-cinq numéros. L’artère se prolongeait bien vers le nord, mais sous les noms de York Place puis d’Upper Baker Street. Il n’était donc nullement question de numéro 221 ou de 221B dans la réalité.

En 1930, année du décès d’Arthur Conan Doyle, la municipalité de Londres décida de fusionner York Place et Upper Baker Street avec Baker Street, ce qui donna à une modeste demeure victorienne l’insigne honneur de porter le désormais célèbre numéro 221 — un honneur éphémère…

Cinq ans plus tard, on détruisit cette partie de la rue pour ériger un immeuble de bureaux, qui prit le numéro 215-229. Durant son occupation des lieux, face à l’abondance de courrier, la banque Abbey National engagea un secrétaire particulier pour répondre aux nombreuses lettres adressées à Sherlock Holmes.

En 1990, un musée Sherlock Holmes vit le jour au numéro 239 et s’empressa, avec l’accord de la municipalité, de le remplacer par le numéro 221B. Cela engendra un conflit avec Abbey National pour savoir qui était en droit de recevoir le courrier de Sherlock Holmes. Le musée plaida en justice qu’il était plus compétent pour répondre à de telles lettres qu’une banque dont le commerce premier était de garder et de prêter de l’argent, mais il ne parvint jamais à convaincre les juges.

Le conflit se résolut de lui-même en 2002 lorsque la banque décida de quitter les lieux.

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« Trente ans que je lis pour rien ! Des milliers d’heures, de mon enfance, de ma jeunesse et de mon âge adulte, passées à lire et à n’en retenir rien qu’un immense oubli. »

Patrick Süskind, Amnésie littéraire

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