La visibilité était excellente dans le parc López de Ayala, à hauteur du temple de Diane, sur la place de Sainte-Marie ou encore le long de l’Alcazaba, mais dès que nous gagnâmes les abords du Guadiana, un brouillard gris et stagnant nous enveloppa et nous plongea dans un univers digne d’un film de mystère.
Nous avançâmes sur le pont romain le plus long de l’Antiquité, émerveillés par le spectacle grandiose qu’offrait la nature conquise par l’homme depuis des siècles. À l’est, le soleil éblouissant qui se levait traversait la brume tel un spectre et nous faisait plisser les yeux. Seules les silhouettes squelettiques des arbres qui grandissaient au cœur du fleuve parvenaient à se frayer un chemin jusqu’à nous, noires et crochues. Au nord, le sommet de l’arche du pont Lusitania sortait d’un nuage, comme une tête jaillissant d’une cape d’invisibilité.



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