Ribadesella — littéralement Rive du Sella — ne tire pas son nom de nulle part. Le Sella, un cours d’eau de soixante-six kilomètres qui traverse la Castille-et-Léon et les Asturies, se jette dans la mer à cet endroit de la côte, séparant le village de deux mille six cents âmes en deux lieux plutôt distincts.

Nous visitâmes d’abord la partie plus ancienne, avec sa jolie petite plage de La Atayala aux pierres douces et colorées, sa moderne (1936) église Sainte-Marie-Madeleine devant laquelle des enfants jouaient au ballon, sa mairie du XVIe siècle, ses rues bigarrées aux terrasses bien remplies. Le village ne me parut pas exceptionnel, sans être vilain pour autant.
Nous étions trop lourds de notre repas pour nous attaquer à la montée vers l’Ermitage du Guide. Nous longeâmes l’embouchure du Sella. La promenade, sympathique, nous permit d’observer, de loin, la deuxième partie de Ribadesella, composée essentiellement de villas séculaires avec vue sur la plage de Santa Marina. Un immeuble à appartements gâchait quelque peu l’harmonie architecturale que renvoyait cette rive.

En revanche, avec l’éloignement, la première partie de Ribadesella, réduite à quelques façades écrasées par les montagnes et les nuages escamoteurs de sommets, paraissait curieusement plus jolie, comme si le fait d’être envisagée dans son ensemble, avec les élévations qui l’entouraient et l’étendue aqueuse qui la traversait, la fardait soudain d’un charme inattendu.
En bout de promenade, nous aboutîmes sur une esplanade avec vue sur la mer. Depuis celle-ci, nous pûmes observer une calla secrète et inaccessible qui, me fit croire mon imagination débordante, avait sans doute dû servir de repère à quelque fuste pirate lors d’une époque éloignée.



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