Bangui-Plage est un roman du Liégeois (d’origine) Bruno Sanderling.
Il met en scène Henri, un ancien avocat bruxellois reconverti dans l’aide au développement en Centrafrique, et Théo, un jeune Africain qui, après avoir été expulsé de Belgique, cherche à trouver sa voie dans un pays ravagé par la guerre. À Bruxelles, puis à Bangui, les destinées des deux hommes se croisent sans pouvoir influer positivement l’une sur l’autre.
Optant pour une structure binaire, qui fait transiter le lecteur entre le difficile retour au pays de Théo et les années 2019-2020, Sanderling brosse un portrait peu flatteur — et qui semble hélas hautement réaliste ! — des organisations internationales chargées de redresser le tiers-monde à coup de subventions. Bien documenté, il plonge le lecteur non seulement au cœur de la bureaucratie de la « bienfaisance » étatique, mais aussi dans la noirceur des emprisonnements arbitraires, de la violence, des mentalités étriquées qui persistent en Centrafrique. Évitant les lourdeurs moralisatrices, mais laissant deviner son point de vue sur les différentes thématiques abordées, il livre un roman social sombre et désabusé, qui permet au lecteur de découvrir derrière la fiction deux mondes trop méconnus : la Centrafrique et l’aide au développement.
Prix du Roman noir de la Foire du Livre de Bruxelles 2024, Bangui-Plage mérite assurément l’intérêt de ceux qui s’intéressent à l’Afrique et à la politique internationale.


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