Le casco antiguo de Tolède avait déjà de la gueule de loin, mais la promenade que nous fîmes dans ses ravissantes ruelles me convainquit qu’il s’agissait là d’une des plus belles villes que j’avais vues. Je retrouvais le charme moyenâgeux de Baeza et Úbeda, mais à une plus grande échelle. Les ruelles pavées, escarpées, sans voiture, révélaient à chaque angle un bâtiment ou une placette qui méritaient d’être photographiés. L. avait pris son appareil et s’en donnait à cœur joie. Selon lui, il y avait trop de touristes à Tolède pour qu’il songe y vivre, mais de mon côté l’idée me traversa très tôt l’esprit et se renforça d’heure en heure.

Nous mangeâmes un hamburger à la terrasse du restaurant Bu, dont la vue plongeante sur l’Académie d’infanterie et la nature environnante était agrémentée du meilleur soleil du voyage. Nous nous couvrîmes de crème solaire et profitâmes de l’instant. Très tôt, je compris que je remiserais au placard mes plans de visite de l’Alcazar, faute de temps. Il faisait presque chaud.

Je pensais encore pouvoir visiter la cathédrale en fin de journée lorsque nous quittâmes la terrasse, mais nos pérégrinations le long du Tage nous firent entrevoir les remparts de la ville et un haut, très haut rocher dans le lointain sur lequel posaient des silhouettes. Toujours aussi attiré par les hauteurs, je proposai de nous y rendre.

Nous longeâmes le Tage, gravîmes un petit pic sur notre parcours et profitâmes quelques instants de la vue impressionnante qui s’offrait à nous. Petite pause boisson à l’ermitage, dont la cloche ne cessait de sonner. Puis, reprise de la montée, pas trop abrupte, jusqu’au rocher-objectif.

Lorsque nous redescendîmes, Tolède avait été transformée par le coucher de soleil. La petite cité envahie de touristes était à présent sombre et tranquille, presque morte par endroits. Ça la rendait d’autant plus charmante. Des faisceaux lumineux éclairaient les bâtiments d’intérêt ; mes pas résonnaient sur les pavés. Oui, Tolède était aussi une ville calme, moins agitée, une fois que les cieux s’étaient peints de noir.

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« Trente ans que je lis pour rien ! Des milliers d’heures, de mon enfance, de ma jeunesse et de mon âge adulte, passées à lire et à n’en retenir rien qu’un immense oubli. »

Patrick Süskind, Amnésie littéraire

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