Les actions d’éclat s’étaient enchaînées et le champ de bataille s’était transformé en cimetière. Partout flottait le parfum de la mort. Ici, au cœur du combat, une demi-douzaine de soldats s’étaient entretués dans une mêlée brutale ; là, un cavalier avait péri dans une embuscade ennemie ; plus loin, un fanatique s’était sacrifié pour que ses coreligionnaires ôtent la vie de la souveraine adverse prise au piège.
De part et d’autre, tous les bastions avaient chu et le champ de bataille s’était réduit à sa portion congrue. Ils n’étaient plus que quelques-uns à en découdre dans l’espoir du triomphe de leur royaume. Même les monarques avaient quitté leur position privilégiée pour se joindre à leurs hommes et lutter au corps à corps avec l’ennemi. Et le sang coulait tant et plus.
Combien étaient-ils encore à se disputer le terrain et la vie ? Très peu, à peine quelques silhouettes emmêlées les unes aux autres, assassines, prêtes à tout. Peu importait qu’elles périssent, fût-ce au prix de toute l’armée, pourvu que leur roi leur survive.
L’issue du combat se décida en quelques secondes. Après une nouvelle escarmouche, qui vit deux soldats tomber, un troisième fit une percée décisive. Le monarque ennemi n’eut pas d’autre choix que de le tuer. Aussitôt, un cavalier en embuscade le menaça. Dans sa fuite, le roi déprotégea son ultime soldat, qui périt piétiné sous les sabots du destrier.
Ils n’étaient plus que trois sur le champ de bataille : les deux souverains et le cavalier.
Un pat, convinrent les deux joueurs par-dessus l’échiquier.


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