Certains villages ne s’apprécient que vus d’en haut. Luarca en fait partie.
Lorsque vous vous promenez dans son centre-ville, rien de remarquable ne vous frappe l’esprit. Certes, la Casa consistorial est belle ; certes, le río Negro qui titube à travers le hameau pour plonger dans la mer a des aspects charmants ; certes, le mur de roche qui isole la plage ne manque pas de la personnalité ; certes, les abords du port donnent envie de flâner ; et pourtant vous gardez l’impression qu’il s’agit d’un petit village comme un autre de la côte cantabrique avec ses vieilles façades lépreuses et délabrées.

Ce n’est qu’en montant ses pentes que vous apprenez à l’apprécier, comme si l’effort de la marche méritait récompense, comme si votre vision plus distante s’attachait moins aux détails qu’à l’ensemble. Vous ne regardez plus tel bâtiment ou tel pont mais un tableau où la nature a la part belle. Luarca s’invisibilise peu à peu, elle se marie au décor, au vert des arbres et au gris du ciel. Plus vous vous élevez, plus vous remarquez son imbrication avec la nature, ici la mer, là les flancs montagneux, plus loin une falaise. Les nuages qui couvrent le ciel et escamotent le lointain parachèvent l’étrange phénomène.

Chose curieuse : comme si l’homme avait été plus inspiré par les hauteurs, les ouvrages d’art qui surplombent le village — phare, chapelle, cimetière — se détachent et méritent sans conteste le détour.



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