Vitoria jouit d’un assez beau centre historique, plusieurs éléments architecturaux notables parsemant ses échelons. Entre les temples, les restes de murailles crénelées et les vieilles maisons d’antan où pierres et madriers cohabitent en harmonie, des places charmantes accueillent les flâneurs, parfois intimes comme celle de Sainte-Marie, d’autres fois grandioses comme celle d’Espagne.
Je me trouvais avec ma compagne sur cette dernière par un matin d’été. Nous y dégustions sur un banc notre petit-déjeuner — orientés vers la façade de la Casa consistorial, derrière laquelle deux clochers, ceux de l’église Saint-Michel et de l’église Saint-Vincent, renforçaient la délicieuse impression de symétrie du tableau. J’étais d’humeur taciturne et contemplative.
Les dix heures approchaient.
Soudain, la cloche d’une des deux églises sonna, puis le deuxième clocher lui répondit, et le dialogue se répéta une fois, deux fois, et ainsi de suite, à une cadence soutenue, jusqu’à former une longue phrase qui rappelait le début du deuxième concerto pour piano de Rachmaninov ; à tout instant, je m’attendais à entendre l’orchestre s’animer, mais jamais les cordes ne surgirent ailleurs que dans mon cerveau, qui profita néanmoins beaucoup de ce moment enthousiasmant.


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