La joueuse d’échecs est un court roman qui fut écrit en français par la romancière allemande Bertina Henrichs et qui, après sa publication en 2006, eut l’honneur d’être auréolé de dix prix littéraires. Son titre, proche de la longue nouvelle de Stefan Zweig, pourrait laisser entendre qu’il s’en voudrait le pendant féminin, mais non, cent fois non. Il est plus modeste à tout point de vue, tant sur le fond que sur la forme.

L’histoire s’attache à Eleni, une femme de ménage qui réside sur l’île grecque de Naxos et qui passe ses matinées à nettoyer les chambres de l’hôtel Dionysos. Intriguée par l’échiquier de clients français, elle décide d’en offrir un à son époux Panis à l’occasion de son anniversaire, mais celui-ci ne montre aucun intérêt pour le jeu. C’est donc en cachette (en solo d’abord, puis à l’aide de son vieux professeur Kouros), qu’elle apprend à en maîtriser les règles difficiles. Mais lorsque toute l’île découvre par une indiscrétion la nouvelle passion de la femme de ménage, Panis se fâche et ordonne à son épouse de cesser cette excentricité.

Contrairement aux protagonistes de la nouvelle de Zweig (et de la majeure partie des récits étudiés précédemment sur mon site), l’héroïne du roman n’est pas une championne, pas même une grande joueuse ; c’est une amatrice qui découvre le jeu d’échecs et cherche à l’apprivoiser. Et s’il est bien question d’échecs tout au long de l’histoire, Bertina Henrichs ne s’en montre pas moins réticente à s’aventurer sur l’échiquier comme l’ont fait ses prédécesseurs, peut-être par manque de connaissances.

Sans être mauvais, le roman souffre de plusieurs approximations : psychologiques ou narratives, tout d’abord, dans la mesure où certaines actions entreprises par les personnages s’avèrent artificielles ; mais aussi terminologiques, l’auteur ne se privant pas, à de multiples reprises, de baptiser l’échiquier « damier », comme s’il s’agissait de jeux identiques.

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« Trente ans que je lis pour rien ! Des milliers d’heures, de mon enfance, de ma jeunesse et de mon âge adulte, passées à lire et à n’en retenir rien qu’un immense oubli. »

Patrick Süskind, Amnésie littéraire

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