Genèse du Despote

Le jeudi 13 septembre 2012, je couchai sur papier une idée de scénario : il y était question de libertariens victimes du fisc qui s’attaquaient aux huissiers de justice à leurs trousses, qui plaidaient en solitaire devant les tribunaux et qui commettaient des attentats contre les politiciens honnis. Je classai la feuille volante au cœur de la « farde de la macération », où son contenu allait bientôt se transformer en quelque chose de moins sinistre.

Première idée

Le mardi 22 octobre 2013, j’entamai La Conjuration des Imbéciles, le désopilant roman de John Kennedy Toole mettant en scène Ignatius J. Reilly, un excentrique Néo-Orléanais en quête de travail. Ce livre m’amusa tellement que, une fois sa lecture terminée six jours plus tard, je plongeai dans un profond ennui.

Le jeudi 28 novembre 2013, je développai l’idée initiale : « Au départ, tout part d’une connerie, genre un rappel d’impôt mineur non payé — et qui va engendrer une littérature folle. En effet, refusant de se laisser faire, le citoyen annonce que, sur base du principe de subsidiarité, il a décidé de faire sécession de l’État et que, par conséquent, il n’est plus tenu au paiement des multiples impôts. » J’imaginais le personnage principal proche de celui de Toole : insolite, demi-dingue, outrancier.

Développement de l’idée principale

Je souhaitais néanmoins qu’il s’aventure sur un terrain qui, malgré son aspect farfelu, n’en avait pas moins déjà été exploré dans la réalité. Les sécessions de propriétés privées ne sont en effet pas chose aussi rare qu’on pourrait le croire. Parmi les plus connues, citons l’Empire d’Austenasia, le Royaume de Vikesland, le Kugelmugel, la Principauté d’Arbézie, l’Empire de la Basse Chesnaie ou One Nation. D’autres cas de micronations, bien que différents par l’aspect juridique plus sérieux qu’ils revêtent, méritent également qu’on s’y intéresse, en ce qu’ils découlent d’initiatives individuelles : relevons entre autres l’histoire épique de la Principauté de Sealand ou, plus récemment, la naissance du Liberland.

Certes, ces tentatives débouchent rarement sur une véritable indépendance, elles deviennent même parfois folkloriques, mais elles invitent toujours à réfléchir, à rêver ou à rire.

Cette idée me captiva tellement que, tandis que je rédigeais Le Procès de Claude Servais, je m’attelai parallèlement au plan de ce deuxième roman. Grâce à la méthode dite des flocons, il se développa de façon telle que le corps central des premiers chapitres était déjà écrit avant même que je ne commence officiellement la rédaction du roman.

Dès que je trouvais un peu de temps, j’épaississais la structure avec un plaisir non dissimulé. J’écrivais essentiellement pour moi, pour m’amuser, pour me faire rire ; aussi la nature humoristique de l’opus prit une teinte très personnelle, presque intime.

Ce fut en octobre 2017 que je décidai de donner une suite aux six ou sept chapitres déjà rédigés. J’écrivis quotidiennement durant trois mois, une heure par-ci, une heure par-là, après le travail, durant les week-ends, et terminai le premier jet le 31 décembre.

Après avoir laissé reposer le texte pendant plus d’un an, je décidai de le revoir, d’en dynamiser la lecture. Je supprimai des paragraphes et des chapitres entiers, et partant de nombreux traits d’humour, parfois non sans regret. Priorité au récit, tel fut mon credo lors des révisions et corrections. L’humour avait déjà régné sur toute la période de rédaction, ne pouvait-il pas faire un pas de côté ?  

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