Baeza by night

On frissonne, et on sourit parce qu’on sait que la fraîcheur du vent en est responsable, mais en d’autres temps peut-être aurait-ce été par crainte. La couverture noire qu’est le ciel nous le rend invisible ; seuls existent les pavés grossiers qu’on foule, les murs en pierre grise qui nous escortent, les lampes jaunâtres qui éclairent, mais pas trop, les environs. Les ruelles anguleuses sont désertes ; on fait dix pas et on doit bifurquer à nouveau ; qui sait ce qui pourrait nous attendre au prochain tournant ?

Dans les venelles taciturnes résonne l’entrain de notre marche ; à deux coins de rue, tout en haut de ces arbres qu’on devine dans la pénombre, un cri d’oiseau se fait insistant, et le fait qu’il nous soit inconnu accentue le lugubre de l’instant. À bien regarder autour de soi, on pourrait se croire dans une ville moyenâgeuse ; rien n’indique la présence d’un homme contemporain. Alors on se prête à rêver, on s’imagine dans une ruelle du temps d’autrefois, dans ce noir sépulcral, dans cette ville fantôme aux couloirs labyrinthiques, et on en viendrait presque à frissonner, mais on ne le fait pas — en tout cas pas d’effroi.

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