Projets en cours : état des lieux

Des deux grands projets de l’année, seul un verra le jour en 2022, et encore, ce n’est pas sûr.

J’ai en effet décidé de postposer à 2023 la publication de mon troisième roman, Mort à Balerma. Je demeure insatisfait de certains passages et le temps me manquera lors des prochains mois pour effectuer les ultimes retouches.

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Il y a cinq cents ans, un séisme détruisait Almería

C’était le lundi 22 septembre 1522. La ville côtière d’Almería, dressée au cœur de montagnes sèches et sans végétation, s’éveillait doucement. Elle n’avait pas beaucoup changé depuis sa prise par les Rois Catholiques en 1489.

L’Alcazaba, l’immense forteresse qui veillait la cité depuis une colline haute de soixante-dix mètres et qu’un séisme avait partiellement détruite en 1487, avait vu sa troisième enceinte adaptée aux nécessités modernes de l’artillerie.

À l’intérieur des murs de la ville, les mosquées et autres ribats avaient peu à peu été réemployés à des fins civiles ou religieuses. C’est ainsi que la mosquée principale était devenue église de Santa María après la première révolte mauresque de 1490, puis cathédrale de l’Annonciation le 21 mai 1492.

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Terminer un roman

Cela faisait longtemps que Victor Hugo ambitionnait d’écrire un large roman sur la précarité sociale. En 1845, celui qui venait d’être fait pair de France se mit à l’ouvrage et entama la rédaction d’un manuscrit intitulé Les Misères. Celui-ci, initialement conçu comme la réunion de l’histoire de quatre personnages, un saint (Mgr Myriel), un homme (Jean Valjean), une femme (Fantine) et une enfant (Cosette), dériva peu à peu du schéma originel et vit un protagoniste, Valjean, tirer la couverture à lui, et d’autres figures, tel Marius, gagner le rang de personnage principal au fur et à mesure que se développait l’intrigue.

En 1848, Hugo avait rédigé quatre des cinq parties ambitionnées, mais le destin de la France était sur le point de basculer, et cet énième soubresaut de l’histoire française allait avoir d’énormes répercussions sur le visage final de l’œuvre projetée.

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Le secret du retour à la vie

L’univers du rêve était sombre, rouge et symbolique. Une sorte de mur lisse et impénétrable, invisible des mortels (aveugles au point de ne pouvoir suspecter qu’il y avait quelque chose derrière lui), séparait le monde des vivants de celui des morts. C’était une frontière imperméable, à laquelle l’œil s’était tellement habitué qu’il la considérait comme partie intégrante du paysage, qu’il ne la voyait plus comme une limitation mais comme une caractéristique propre à son monde. Le mur ressemblait à l’univers du rêve : sans angles, courbe, non limitant, infini, doux comme un cœur ou comme un muscle.

Est-ce que je suspectais quelque chose ? Ou fut-ce le hasard qui me conduisit là ? Dans un lieu sombre et reculé, je découvris une porte. Une fois franchie, elle disparut dans les ténèbres, ce qui m’obligea à visiter l’étrange endroit que je venais de gagner.

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Histoire du Parthénon

Une acropole est, étymologiquement, une « ville haute ». Celle d’Athènes, juchée sur une colline qui culmine à 156 mètres d’altitude, a derrière elle une longue histoire.

Elle naquit huit siècles avant notre ère. Son plateau accueillit d’abord une forteresse ; il se transforma par la suite en sanctuaire. En 490 av. J.-C., les Athéniens rasèrent leur temple de cent pieds, l’Hécatompédon, et, sur base de colossales fondations, ils entreprirent l’érection d’un nouveau temple aux dimensions formidables, connu aujourd’hui sous la dénomination de Préparthénon. Ce monument resta inachevé, victime du sac des Perses en 480 av. J.-C.

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Femmes de dictateur

Femmes de dictateur, de Diane Ducret, traite du rapport aux femmes de huit dictateurs (Mussolini, Lénine, Staline, Salazar, Bokassa, Mao, Ceausescu, Hitler). Chaque expérience conjugale se révèle différente. Mussolini est un collectionneur, Lénine un bigame, Staline un multi-veuf volage, Salazar un vieux garçon avec quelques aventures, Bokassa un polygame kidnappeur, Mao un obsédé, Ceausescu un rival, Hitler un séducteur marié à l’Allemagne.

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El último lector

El último lector est un roman de l’écrivain mexicain David Toscana. Son titre en espagnol est aussi celui de l’édition francophone.

Le premier chapitre s’ouvre sur la sécheresse qui touche la ville d’Icamole. Remigio découvre dans son puits le cadavre d’une jeune adolescente. Ne sachant que faire du corps, il va prendre conseil auprès de Lucio, son vieux père libraire. Alors, roman policier ? Pas exactement. Le lecteur ne saura jamais avec certitude qui est le véritable coupable du crime, même si la suggestion que fait Lucio à la police, qui mène à l’arrestation d’un homme, se révèle étonnante de perspicacité.

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Quand écrire un roman

Marguerite Yourcenar (1903-1987) avait vingt ans à peine lorsqu’elle s’attaqua à une œuvre ambitieuse consacrée à l’empereur romain Hadrien (76-138). Celui-ci, né à Italica, près de Séville, était arrivé au pouvoir en 117 et l’avait conservé jusqu’à sa mort. Pétri de culture grecque, poète, philosophe, Hadrien avait rompu avec la politique expansionniste de Trajan, son prédécesseur, et avait veillé à consolider l’Empire à l’intérieur de ses nouvelles frontières.

Ce qui intéressait Yourcenar dans cette figure du passé touchait notamment à son époque, lors de laquelle « les dieux n’étant plus, et le Christ n’étant pas encore » (Flaubert), l’homme se retrouvait seul avec lui-même.

Entre 1924 et 1929, elle écrivit et réécrivit plusieurs manuscrits, certains restant inachevés, d’autres prenant une forme plus aboutie. Elle les détruisit tous, insatisfaite du résultat, et, bien des années plus tard, elle déclara qu’ils méritaient le sort qu’elle leur avait réservé.

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S’inspirer de sa propre existence

Le 9 janvier 1841 au soir, Victor Hugo dîna chez Mme de Girardin. Quand il prit congé de son hôtesse, il marcha jusqu’au coin que formaient le boulevard des Italiens et la rue Taitbout dans l’attente d’une voiture.

Au XIXe siècle, la rue Taitbout était connue pour être une rue où les riches financiers logeaient leurs courtisanes. Il n’était pas rare de voir des filles de petites mœurs en arpenter le trottoir.

Ce soir-là, le froid engourdissait les corps. Une épaisse couche de neige avait recouvert Paris. À quelques pas d’Hugo, une demoiselle en robe décolletée attendait.

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Tombent les hommes : préface

Le roman policier se caractérise généralement par une enquête ou un événement mystérieux impliquant au moins deux des trois protagonistes suivants : une victime, un criminel et un enquêteur.

Dans son jeune âge, il s’est surtout focalisé sur le duel entre l’enquêteur et le criminel, en prenant pour héros soit l’un (Arthur Conan Doyle, Agatha Christie), soit l’autre (Maurice Leblanc). D’abord jeu de logique, il a adopté au fil du temps des teintes plus psychologiques (Georges Simenon), avant de voir émerger la figure du privé brutal dont l’investigation flirte avec l’illégalité (Dashiell Hammett, James Ellroy). Enfin, ultime évolution notable, il a mis en retrait le personnage de l’enquêteur pour mieux se concentrer sur la lutte entre la victime et le criminel (Mary Higgins Clark).

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