La terreur du meurtrier

J’avais mis en œuvre mon plan d’abattre un politicien quelconque, mais je n’avais hélas pas pris suffisamment de précautions, et, quelques heures après mon forfait, le pays entier était sur le point de découvrir l’identité du fugitif que j’étais devenu. Je me trouvais dans une foule, et je me savais perdu, et je regrettais mon geste, surtout quand je pensais à ma compagne. J’avais l’impression qu’avec mon incarcération à venir je l’abandonnais, et je l’imaginais pleurer toutes les larmes de son corps lorsqu’elle apprendrait mon crime et mon emprisonnement. Je ne serais pas présent pour la consoler. Pire : j’étais la source de son malheur futur. En ce moment elle était peut-être déjà en train de découvrir mon visage sur son écran de télévision. J’étais honteux. Je regrettais. J’avais perdu tout espoir.

Aussi, quand des policiers vinrent à ma rencontre, je ne cherchai pas à les fuir, je ne résistai pas même une seconde. Je me laissai docilement arrêter et, tandis qu’ils m’emmenaient, j’exprimai mes regrets, pour la famille du défunt, pour ses proches, et je leur dis ô combien l’homicide n’avait pas sa place dans une société civilisée. Au fond de moi-même, je me demandais ce qui m’avait pris. Pourquoi avais-je fait ça ? Désormais, ma vie était gâchée. J’allais devoir la passer enfermé dans une prison. Je me demandais s’il était possible de survivre dans ces conditions. Je comprenais tous ces gens qui se suicidaient une fois emprisonnés. J’étais en plein… cauchemar.

Fort heureusement, quelque chose me tira du mauvais rêve, et je soufflai, soulagé de ne pas avoir à vivre cette vie-là.

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