La mer assiège Cadix avec la complicité de l’horizon. Sage d’apparence, au loin, là où l’œil ne distingue plus qu’une ligne finale de la plus parfaite régularité, elle demeure pourtant à l’assaut perpétuel des rochers qui protègent avec détermination la presqu’île de l’envahisseur. Les vagues blanches, enragées, gorgées d’écume, viennent frapper dans des éclats agonisants les boucliers naturels ou humains qui les narguent le long de la berge.
Entre ces deux extrémités, entre la conquête et l’horizon, une multitude mouvante et étincelante joue de la force des courants pour voir du pays, pour attaquer ou pour se reposer. L’étendue bleue, claire et vive, plutôt monochrome, se pare pourtant des attributs du soleil, de la gauche vers la droite au fur et à mesure que les heures défilent. Sous le zénith, la robe azur scintille, reflétant mille points d’or aussi vite éteints qu’allumés, comme autant d’ornements destinés à charmer le regard, à le brûler également — nous ne sommes pas dignes de contempler cette danse d’étoiles sans baisser nos paupières.





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